Les Adaptations de livres au cinéma

February 1, 2019

« Pour qu’un roman devienne un très bon film, il faut que le film soit autre chose. Il s’agit de chercher une sorte d’équivalent mais qui ne se limite pas à la simple transposition visuelle. »

 

Disait Julien Gracq, écrivain du milieu du XXème siècle, concernant les adaptations.

 

Paroles profondes et véridiques, elles nous poussent à l’interrogation. Faut-il vraiment que le film soit autre chose que le roman ? En quoi consiste cet autre chose ? Qu’est-ce que réellement l’adaptation ?

 

Nous sommes tous allés au cinéma voir un film adapté et, nous avons tous sous la main l’ami lecteur. Cet ami-là est spécial :  vous, vous aimez lire. Lui, lit comme il respire.  De ce fait, ledit ami lecteur a déjà lu l’œuvre avant de voir son adaptation. Vous, vous pensez la lire après, vous faire une idée en voyant d’abord le film.

 

Après le visionnage et deux paquets de pop-corn en moins, vous et votre ami lecteur quittez la salle, penauds. D’une part, le film vous a laissé circonspect et vous vous dites que le livre ne vaut pas la peine et, de l’autre, l’ami lecteur est frustré : « C’est trop différent du livre, ce n’est pas pareil, il y a trop de choses qui manquent ! »

 

Ah, cette phrase, on l’entend très souvent comme celle-ci : « Pas la peine de lire le livre, j’ai déjà vu le film et c’était pas génial. »

 

Ces dires se sont ancrés dans la tête de beaucoup de personnes. Nos avis ont beau avoir changé au fil du temps, lorsque nous étions jeunes, il est fort probable que ces pensées aient traversé notre esprit. L’autre chose citée par Julien Gracq disparaît alors au dépit d’un jugement peu recherché. En effet, nous tendons très vite à penser qu’une adaptation de roman est soit dans le noir ou dans le blanc ; qu’aucun juste milieu n’est à admettre. A force d’être trop butés sur ce que l’on croit savoir, n’importe quel autre chose nous dépasse et nos positions demeurent telles quelles.

 

Nous et l’ami lecteur, sommes déçus.

 

Afin de se consoler et de voir les choses autrement, il est donc temps de mettre de côté nos contrariétés. Entre les adaptations qui ne nous plurent pas, d’autres nous ont atteints et emportés. Cela, c’est bien grâce à l’autre chose dont nous allons parler ici.

 

Bien évidemment, la subjectivité est de mise. Des œuvres qui ont pu déranger beaucoup peuvent vous avoir plu ou inversement. De plus, nous parlerons ici d’adaptations connues et assez récentes. Le sujet est très vaste et il faut choisir un point de départ à défaut de se perdre dans une myriade d’histoires. Tous les livres dont nous parlerons ici ont été lus par les personnes interrogées pour l’occasion.

 

En effet, il ne faut pas oublier la règle d’or : ne surtout pas commenter ou critiquer une œuvre si elle n’a pas été lue ou analysée avant et dans son contexte.

 

Avant de s’appuyer sur l’autre chose dont les vertus sont répétées depuis les premières lignes, arrêtons-nous sur la définition d’adaptation qui nous intéresse : action d’adapter une œuvre pour un public, une technique artistique différente.

 

 

Ici, nous avons toutes les clés en mains. L’adaptation au cinéma, tel que tous les films, visent un public en particulier. Naturellement, il peut être large tout comme plus fermé. Plus de personnes iront voir le dernier Blockbuster de l’été en famille qu’un petit film sur la vie d’un écrivain dans un cinéma indépendant. Nul besoin de s’offusquer, c’est un fait et il en fut toujours de même pour les livres. Il y en a destinés à un grand nombre de lecteurs et d’autres, plus restreints mais tout aussi enrichissants.

 

On constate donc que le public des livres et de l’adaptation sera un tantinet différent. On retrouvera les personnes qui n’ont jamais lu un seul mot de l’œuvre, ceux qui s’y sont intéressés en entendant parler du film et les lecteurs qui ne s’attendaient même pas à ce que leur bébé soit adapté au cinéma. Ce terme n’est certainement pas utilisé à des fins péjoratives. Énormément de lecteurs admirent, protègent l’œuvre et veulent qu’elle soit respectée et cela est tout à fait normal.

 

Néanmoins, il ne faut surtout pas oublier la fin de la définition :  technique artistique différente.

 

L’autre chose, elle se trouve là.

 

Un livre n’est pas un film. Un film n’est pas un livre.

 

Croyez-moi, cette répétition abrutissante est très importante. L’on ne peut pas attendre d’un film qu’il soit exactement comme le livre. Après, si c’est cela votre désir le plus fou, mieux vaut aller voir une personne se faisant filmer en lisant l’intégralité de l’œuvre.

 

Barbant ? Étrange ?

 

Cela, c’est certain. Il faut donc savoir se détacher de l’œuvre qu’on aime tant et essayer de comprendre les changements et voir s’ils sont sincères.

 

Ce jugement aura beau être empreint de subjectivité, il sera bien plus réfléchi.

 

De surcroît, il faut aussi savoir qu’il y a deux sortes d’adaptations :

  • L’adaptation libre où de nombreux détails ont été changés comme la fin, des événements importants. Des personnes sont ajoutées ou retirées
     

  • L’adaptation fidèle qui reprend l’œuvre dans les grandes lignes

Figurez vous que la première adaptation de l’histoire est libre. Alice Guy Blaché, première réalisatrice de tous les temps s’inspira de l’univers des Misérables de Victor Hugo pour faire On The Barricade. Histoire de 5 min datant de 1907.

 

C’est court, me diriez-vous. A l’époque, pourtant, il suffisait de cinq minutes de vidéo pour que l’on soit rassasié et il n’était pas du tout commun de filmer des histoires bien trop longues. De toute manière, les Misérables continuèrent d’être adaptés ; le dernier film en date est celui de 2012. Cette comédie musicale a d’ailleurs obtenu trois oscars.

 

Au cœur de ces nombreuses adaptations, on retrouve évidemment toujours la même idée d’autre chose :  le passage de l’écrit à l’image. Ces deux manières de stimuler l’imagination sont extrêmement différentes. Il faut être capable de rendre les lettres visibles au spectateur par du son, des images, de la musique, un jeu d’acteur…tout cela mené par des centaines de personnes et un réalisateur acharné. Ce qu’il doit ressortir de ce travail, c’est un pont qui ne cédera pas entre l’œuvre originale et le film ; un pont d’entre-deux qui plaira au fan : l’esprit de l’œuvre. Cet esprit-là, c’est le plus important. Si toute l’équipe du film a compris ce que dégageait l’ouvrage, celui-ci se transformera pour devenir le long-métrage désiré et les changements seront acceptés.

 

Que se passe-t-il si l’œuvre n’est pas composée d’un seul livre alors ? Comment réussir à dénicher l’esprit exact du livre au fil de plusieurs tomes ?

 

Allons plus loin :  De quelle manière transformer plusieurs tomes en un seul film sans jurer avec l’ouvrage d’origine ?

 

Prenons un parfait exemple du cas et un travail qui s’avéra réussit autant pour les fans des livres que du film : Master and Commander : The far side of the world datant de 2003 et réalisé par Peter Weir. Le long métrage raconte la folle poursuite d’un vaisseau Français à travers l’océan Pacifique par le HMS Surprise ; vaisseau anglais commandé par le Capitaine Jack Aubrey dit Jack La Chance.

 

Ce film adapté de The Aubrey-Maturin series – série de 20 livres écrits par Patrick O’Brian – gagna deux oscars lors de la soixante-seizième cérémonie où Le Seigneur des Anneaux :  Le Retour du Roi s’imposa. Gardez l’univers de Tolkien en tête car nous en reparlerons.

 

Pour en revenir à Master and Commander, il s’agissait bien de 20 ouvrages parlant de navigation avec des termes très précis relatant l’époque Napoléonienne. Adapter un tel monstre de savoir semble d’une difficulté sans pareille, surtout en un seul film. Nonobstant, ce n’est pas impossible si l'on suit ce qu’il fut dit plus haut. Le pont entre l’image et l’écrit peut se construire dès que l’on a vraiment l’envie et la patience de le faire. Cela demande des recherches, de la compréhension et surtout un respect envers ce que voulait transmettre l’auteur original.

 

Ce devoir d’atteindre l’esprit de l’œuvre, les scénaristes l’ont pris au pied de la lettre. Peter Weir – donc aussi réalisateur – et John Collee travaillèrent d’arrachepied. Ils apprirent quels étaient les centres d’intérêt de l’auteur, achetèrent d’anciens objets datant de l’époque des livres. Tout en lisant et en analysant, ils firent des listes pour que toute l’équipe du film comprenne dans quel univers ils allaient mettre les pieds. L’adaptation ne se fait clairement pas que par les scénaristes qui ont lu le livre.

 

Peter Weir disait même qu’il était effrayant de se lancer dans l’écriture. Adapter ces vingt romans à l’image d’un seul film tout en sachant retranscrire l’essence du roman n’est et ne sera jamais une mince affaire. Contre le syndrome de la page blanche, il répétait les dires de Van Gogh « C’est la toile blanche qui devrait avoir peur de moi ».

 

Après s’être préparé et avoir averti tel qu’il le fallait toute l’équipe du film, il faut se lancer car, l’essence est là : ce terme est des plus important. Il englobe l’esprit de l’ouvrage. Si l’essence de l’œuvre n’est pas comprise, le pont se brisera et emportera avec lui toute l’équipe.

 

« C’est très motivant d’essayer de faire un bon film d’un bon livre encore plus s’il s’agit d’un livre de 5000 pages. Si vous avez trop de respect vous pouvez faire un faux pas, cela deviendrai un autel, un simple culte et ce n’est pas bon pour le public. Traduire un livre à l’écran c’est aussi différent que de composer de la musique à partir d’un livre. »

 

S’exprimait Peter Weir concernant l’adaptation.

 

Des exemples concernant l’overdose de respect, nous en auront également. Maintenant, prenons plutôt un contre-exemple. Plongeons-nous dans une adaptation où il n’y a même pas eu de pont, où toute l’essence du roman disparut sans qu’il n’y ait de but précis. Adaptation libre ? Non. La liberté se construit toujours avec le respect de l’auteur d’origine ce qui ne fut certainement pas le cas.

 

Eragon, premier livre de la tétralogie l’Héritage écrite par Christopher Paolini. Traduits en cinquante langues et vendus en millions d’exemplaires à travers le monde, cette longue histoire fantastique en fit voyager plus d’un. Ce fut donc une merveilleuse surprise d’apprendre qu’en 2006, une adaptation sortirait. Les fans de l’œuvre originale n’attendaient que cela, d’autant plus qu’un univers pareil peut-être incroyable à l’écran.

 

Malheureusement, les scénaristes Peter Buchman, Lawrence Konner et Mark Rosenthal ne parvinrent pas à souder l’équipe ni même à construire les fondations du pont. Le film a très mal été accueilli par les fans et le public. Certes, il y a une part de subjectivité mais allons plus loin que le « C’est nul. » et comprenons le pourquoi du comment : Il semble que le réalisateur, Stefen Fangeimer tenta d’ajouter une touche personnelle au film en changeant un grand nombre de choses. Cependant, ce n’est pas en changeant ce qui fait le livre que cela fonctionne.

 

Par exemple, Christopher Paolini avait incorporé dans ses livres des dessins représentant les personnages fantastiques aux allures de trolls et ceux-ci furent remplacés par des hommes avec quelques traits de maquillage sur la figure. Quant au caractère des personnages, tout fut éradiqué. En passant du cliché par les incohérences, l’on ne parvenait à s’attacher à aucun des protagonistes. Nul besoin de rejeter toute la faute sur les comédiens. Avec un scénario qui ne tient pas debout et l’esprit de l’œuvre déchiqueté, comment des acteurs peuvent comprendre où ils se trouvent ?

 

Le fait de dire que le scénario n’a pas de sens est objectif : Un second film n’a pas pu sortir en partie à cause de cela ! L’équipe s’est rendu compte bien trop tard qu’il y avait trop de problèmes de cohérence et des oublis dans le premier film. Erreurs qui n’étaient pas rattrapables pour un second volet.

 

Le problème n’est pas de ne pas respecter quelques petits détails. Avec Eragon, toute l’équipe se perdit entièrement. Le plus étonnant est qu’il s’agissait du premier film du réalisateur mais pas de sa première expérience cinématographique. Il travailla sur les effets spéciaux film Master and Commander ou encore Il faut sauver le Soldat Ryan.

 

Tout est question d’équilibre, l’exercice de l’adaptation n’ayant jamais été facile. Parfois, le pont est solide mais se fissure, ce qui arrive lorsqu’on ne prend qu’une partie de l’essence du livre. Dans ce cas-là, le film peu plaire où non mais l’on ne peut nier qu’il manque un petit quelque chose.

 

A la Croisée des Mondes évoque parfaitement ce problème. Trilogie fantastique écrite par Phillip Pollman de 1995 à 2000, on y retrouve des thèmes profonds comme le passage à l’âge adulte, la mort, la religion. L’ouvrage critique fortement le culte public et parle également de physique, de cosmologie, du rapport entre la science et la religion, les dictatures, l’inquisition…

 

Tant de sujets profonds et d’une importance capitale dans l’ouvrage.

 

Il fut pourtant décidé que l’adaptation serait un film familial, tout public. Adieu les thèmes compliqués ou portant à débat. Tout fut retiré et modifié pour une version totalement atténuée.

 

Le film nous conte le voyage initiatique d’une enfant, Lyra. L’histoire est toute innocente avec des visuels portés à faire rêver les plus petits.

 

En regardant la bande annonce, on constate que rien n’a été caché pour autant. Le film s’impose comme étant tout public et les lecteurs savaient à quoi s’attendre en la voyant. Le Long métrage a fonctionné pour le public visé : les enfants. Cependant, cela n’aurait pas été un mal d’y ajouter d’autres sujets que le film dépeint. Ce n’est pas parce qu’un long métrage est destiné aux enfants qu’il faut avoir peur de les faire réfléchir.

 

Les critiques furent donc inégales, tout comme avec Percy Jackson : la Mer des Monstres deuxième adaptation de la série de livre écrite par Rick Riordan basée sur la mythologie Grecque.

 

Alors que le premier film démontrait son potentiel et respectait assez l’essence de l’œuvre de Riordan, le second, réalisé par Thor Freundenthal, n’eut pas le même effet. Tout comme avec A la Croisée des Mondes, trop de raccourcis furent pris. Le public d’amis lecteurs a été mis à la trappe et l’on ne pensa plus qu’aux personnes désirant une suite pleine d’action et d’effets spéciaux. Dans la Mer des Monstres, le surplus d’effets visuels est chaotique et le scénario démontre ses faiblesses par moments. Même les personnages manquent d’une profondeur qu’ils avaient dans le premier long métrage. Que ce soit la presse, les fans ou les critiques, tous furent mitigés.

 

A chaque fois, il faut savoir jongler et user des bons matériaux pour faire un pont parfait. Cela demande un très long travail. Il se peut même que s’il est très bien réussi, l’adaptation aie plus de succès que le livre ; chose qu’il advint avec la série The 100.

 

Bien qu’il s’agisse d’une série et non d’un film, les règles sont les mêmes.

 

Les ouvrages sont une série littéraire de science-fiction imaginée par l’unité d'édition et de production de la Warner, Alloy Entertainment. Écrite par Kass Morgan, elle fut publiée à partir de 2013.

 

C’est alors qu’Alloy Entertainment décide de produire une série avec le même univers des livres. Au scénario, c’est une équipe qui se met au travail : Jason Rothenberg, Akela Cooper, Bruce Miller, Kira Snyder et Tracy A. Bellomo.  

 

C’est brillamment que tout ce beau monde réussit le concept d’adaptation libre. Le monde de Kass Morgan a totalement été recréé, seul le titre est conservé ainsi que le contexte, et encore ! Que ce soit les personnages, les rebondissements…tout a été revu pour un résultat exemplaire et qui n’a pas déplu du tout.

 

A l’inverse d’Eragon – qui ne se voulait même pas comme une adaptation libre – les scénaristes ont su dégager l’étincelle des livres pour en faire un grand feu. Le pont est solide et cette série connait un Fandom de plus en plus florissant. Influente, elle prend aux tripes et ne laisse personne indifférent.

 

En parlant de réussite, nous ne pouvons ignorer celle se basant sur des livres qui, pour certains, sont une sainte bible : Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien. 

 

Impossible de penser aux adaptations sans citer celle-ci.

 

L’auteur de cette saga fantastique disait lui-même « Mes livres sont inadaptables au cinéma. » et pourtant, tout fut bousculé par un travail acharné. Que l’on aime ou pas la trilogie de Peter Jackson, le travail sur l’adaptation est indéniable.

 

Toujours dans le but de dénicher l’essence réelle des œuvres de Tolkien, Peter et sa femme (alors coscénariste) firent un condensé de quatre-vingt-dix pages des trois livres. Eux deux ainsi que toute l’équipe se formant savaient que ces livres étaient incroyables en tant que tels, mais il fallait les disséquer pour en ressortir l’image qui leur servirait. Il s'agissait alors d'avoir une nouvelle vision de cet univers.

 

Tout en condensant le livre, en se focalisant sur l'essentiel, les scénaristes et l'équipe du film se sont réellement approprié l'œuvre : garder l’essence du livre est une chose mais il faut aussi enrichir le long métrage par d’autres idées. Il fallait s’appuyer sur les étapes clés qui faisaient vraiment avancer l’histoire.

 

Afin d’adapter une œuvre si riche au cinéma il fallait que tout ait un sens et que cela ne devienne pas le culte qu’évoquait le réalisateur de Master and Commander.

 

Bien souvent, des passages étaient retirés et des personnages secondaires mis au premier plan. Tout en pensant à ce que souhaiterait le public et à comment l’adapter aux fans ainsi qu’aux nouveaux arrivants, il fallait avancer. Au cours de cette adaptation, le mot d’ordre était la perspective. Le réalisateur, les acteurs, les scénaristes… l’équipe entière ne faisait pas que lire la trilogie de Tolkien. À force de s’appuyer sur d’autres de ses livres, ils avaient les points de vus nécessaires pour faire des changements sincères. L’interaction était de mise pour que l’essence demeure et que l’écrit se métamorphose en film.

 

En tentant hardiment de trouver le ton juste, c’est avec le troisième film, Le Retour du Roi que cette volonté de sincérité atteignit son point culminant : l’oscar de la meilleure adaptation.

 

Ayant lu cette trilogie, je pourrai me permettre d’ajouter que ces films sont une extension de l’œuvre de Tolkien. Ce qu’il a écrit est, certes, inadaptable au sens littéral du terme. De longs dialogues de plus de vingt pages ne sont pas intéressants à l’écran. De ce fait, le plus bluffant est de voir cette fabuleuse transformation. Par ailleurs, même si le Hobbit connu également son adaptation, il faut être sincère :  certaines œuvres de Tolkien sont immensément denses et en faire un condensé serait se lancer dans un travail infini et qui ne mènerait sans doute à rien. Le Silmarillon, livre contant l’éveil de la Terre du Milieu est si complexe qu’il en serait dur d’y insuffler l’essence dans une autre forme d’art. Quelque fois, le livre se suffit vraiment à lui-même.

 

Quant au premier film La Communauté de l’Anneau, sorti en 2001, il connu un rival quelque peu plus magique et enfantin.

 

Harry Potter à l’école des Sorciers rapporta plus de 300 millions de dollars rien qu’aux États-Unis et dépassa de peu l’adaptation de Peter Jackson, que ce soit sur le sol américain ou bien à l'international.

 

Tout comme pour le long-métrage de Peter Jackson, l’univers d’Harry Potter a été respectée. Avec une légère différence dans ce cas-là ; J.K. Rolling a pu collaborer avec les cinéastes. Des scènes changent, s’élargissent ou s’amoindrissent pour en laisser place à d’autres. Ce monde magique est honoré et le travail qui a été fait pour le film en design, en musique, en atmosphère est ahurissant. Lorsque J.K Rowling inventa ces lieux, elle ne pensa pas une seule seconde qu’il y aurait sept films, tout comme Tolkien. Pourtant, les adaptations rassemblèrent un nombre incalculable de fans. Les ami lecteurs et les novices furent emportés et c’est cela qui démontre qu’une adaptation est réussie : le public est éclectique.

 

Cependant, n’oublions pas un problème déjà cité : Le film se rapprochant trop de l’œuvre, le culte, l’autel. Souvent, cela peut être des passages du long-métrage trop ressemblants et qui cassent le rythme à l’image. Par exemple dans Hunger Games la mort de Prim – sœur de Katniss – est bien trop expédiée. Dans le livre, cela semble plus long au fil des lignes, mais, deux, trois, dix pages dans un livre ne peuvent faire que quelques minutes à l’écran et il faut se méfier de ce piège.

 

Dans le quatrième opus, un moment de dialogue est un parfait copié collé du livre ; ce qui a donné l’impression aux connaisseurs de voir le livre filmé. De ce fait, cela offre des scènes de dialogues assez longues et sans doute trop littéraires pour des dialogues à l’écran.

 

La plupart des fans ont apprécié l’adaptation des écrits de Suzanne Collins et ces erreurs sont assez moindres comptes tenus de leur succès mondial. Néanmoins, cela reste des fautes à éviter lorsque l’écrit devient image.

 

Les exemples de bonnes, mauvaises et moyennes adaptations sont si nombreux et si vastes. Nous aurions pu analyser les dessins animés Disney tel que La Petite Sirène, Cendrillon, La Belle au Bois Dormant ; histoires connues pour être adultes et sombres et qui furent adaptées pour les enfants. Sans oublier Stephen King, célèbre écrivain d’épouvante qui fut profondément déçu par l’adaptation de son roman culte Shining, l’enfant lumière par Stanley Kubrick. Les anecdotes sont multiples tout comme les adaptations qui ne cesseront pas de sitôt.

 

« Il ne s'agit pas de traduire si fidèlement, si intelligemment que ce soit, mais encore de s'inspirer librement, avec un amoureux respect, en vue d'un film qui double l'œuvre, mais de construire sur le roman, par le cinéma, une œuvre à l'état second. Non point un film comparable au roman, ou digne du livre, mais un être esthétique qui est comme le roman, le roman multiplié par le cinéma. »

 

Partageait André Banzin, très grand critique de cinéma au XXeme siècle.

 

A présent, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Si après une séance, vous entendez quelqu’un dire qu’il préférait le livre et que tout est trop différent essayez d’abord de lui faire comprendre que l’analyse est de mise. Puis, ensuite, ce lecteur assidu pourra juger si le pont est brisé ou non.

 

C’est donc sur cette citation et ces paroles que nous nous quittons.

 

À bientôt, lors d’une prochaine séance et un grand merci à mes nombreux amis lecteurs dont les avis furent indispensables.

 

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