Les Adaptations de livres au cinéma

« Pour qu’un roman devienne un très bon film, il faut que le film soit autre chose. Il s’agit de chercher une sorte d’équivalent mais qui ne se limite pas à la simple transposition visuelle. »


Disait Julien Gracq, écrivain du milieu du XXème siècle, concernant les adaptations.


Paroles profondes et véridiques, elles nous poussent à l’interrogation. Faut-il vraiment que le film soit autre chose que le roman ? En quoi consiste cet autre chose ? Qu’est-ce que réellement l’adaptation ?


Nous sommes tous allés au cinéma voir un film adapté et, nous avons tous sous la main l’ami lecteur. Cet ami-là est spécial : vous, vous aimez lire. Lui, lit comme il respire. De ce fait, ledit ami lecteur a déjà lu l’œuvre avant de voir son adaptation. Vous, vous pensez la lire après, vous faire une idée en voyant d’abord le film.


Après le visionnage et deux paquets de pop-corn en moins, vous et votre ami lecteur quittez la salle, penauds. D’une part, le film vous a laissé circonspect et vous vous dites que le livre ne vaut pas la peine et, de l’autre, l’ami lecteur est frustré : « C’est trop différent du livre, ce n’est pas pareil, il y a trop de choses qui manquent ! »


Ah, cette phrase, on l’entend très souvent comme celle-ci : « Pas la peine de lire le livre, j’ai déjà vu le film et c’était pas génial. »


Ces dires se sont ancrés dans la tête de beaucoup de personnes. Nos avis ont beau avoir changé au fil du temps, lorsque nous étions jeunes, il est fort probable que ces pensées aient traversé notre esprit. L’autre chose citée par Julien Gracq disparaît alors au dépit d’un jugement peu recherché. En effet, nous tendons très vite à penser qu’une adaptation de roman est soit dans le noir ou dans le blanc ; qu’aucun juste milieu n’est à admettre. A force d’être trop butés sur ce que l’on croit savoir, n’importe quel autre chose nous dépasse et nos positions demeurent telles quelles.


Nous et l’ami lecteur, sommes déçus.


Afin de se consoler et de voir les choses autrement, il est donc temps de mettre de côté nos contrariétés. Entre les adaptations qui ne nous plurent pas, d’autres nous ont atteints et emportés. Cela, c’est bien grâce à l’autre chose dont nous allons parler ici.


Bien évidemment, la subjectivité est de mise. Des œuvres qui ont pu déranger beaucoup peuvent vous avoir plu ou inversement. De plus, nous parlerons ici d’adaptations connues et assez récentes. Le sujet est très vaste et il faut choisir un point de départ à défaut de se perdre dans une myriade d’histoires. Tous les livres dont nous parlerons ici ont été lus par les personnes interrogées pour l’occasion.


En effet, il ne faut pas oublier la règle d’or : ne surtout pas commenter ou critiquer une œuvre si elle n’a pas été lue ou analysée avant et dans son contexte.


Avant de s’appuyer sur l’autre chose dont les vertus sont répétées depuis les premières lignes, arrêtons-nous sur la définition d’adaptation qui nous intéresse : action d’adapter une œuvre pour un public, une technique artistique différente.



Ici, nous avons toutes les clés en mains. L’adaptation au cinéma, tel que tous les films, visent un public en particulier. Naturellement, il peut être large tout comme plus fermé. Plus de personnes iront voir le dernier