La Poésie

C’était le matin, après un rapide petit déjeuner et un au revoir nonchalant à son père, sa mère ou bien un frère, une sœur que l’on arrivait sur les bancs de l’école. Là-bas, on y retrouvait ses amis et un petit mal de dos à cause du cartable trop lourd. C’était pourtant sans grande vivacité qu’on s’asseyait en le posant par terre. Ces gestes là prouvaient que l’on était rentrés en classe afin d’apprendre une journée de plus ; pour le meilleur et pour le pire.

Très souvent, en primaire, nous avions des devoirs très spécifiques. À part apprendre à lire et à écrire dès qu’un événement de l’année surgissait, les professeurs avaient la même rengaine : Une Poésie !

Pour la rentrée, pour les vacances, pour la fête des mères, des pères… Le monde était fait pour nous faire rentrer des rimes dans la tête que nous oubliions aussitôt notre passage au tableau terminé.

Quelques-uns de nos amis avaient beaucoup de difficultés alors il fallait les aider en leur soufflant un vers sans trop de discrétion. D’autres, apprenaient les strophes à vitesse éclair. L’on finissait par croire qu’ils avaient des pouvoirs, une capacité d’apprendre inconnue du commun des mortels.

Personne ne détestait apprendre des poésies. En effet, dans le cahier, il y avait toujours la place pour un dessin à côté ; afin de l’illustrer. Certes, cet instant artistique effrayait les moins bons en dessin mais tout le monde y trouvait son compte. Il s’agissait d’un moment de repos avant que les matières plus compliquées s’imposent.

Parfois, à la place des poésies, il y avait des chansons qu’il fallait mettre à la toute fin du cahier.

Les rimes et les notes ne se trouvaient jamais très loin.

Par la suite, cela évolua. Au Lycée, les plus scientifiques délaissèrent la poésie. Pour certains elle devint un passe-temps tout comme la musique. Quant aux autres, plus littéraires, ce fut au côté de profs barbants ou brillants que plein de recueils de poèmes furent analysés. Ces dissections de textes se faisaient parfois si intenses qu’il y avait forcément quelqu’un dans la classe qui lançait un : « Madame, vous êtes certaine que l’auteur pensait ça ? »

Finalement, ce qui est sûr, c’est que nous sommes tous passés par ces étapes. Nous nous sommes tous retrouvés face au tableau à réciter des vers, le cœur battant.

La poésie accompagna nos jeunes années et, parfois, notre futur aussi.


Néanmoins, sa place dans la société évolue de siècles en siècles. Véritable métamorphe, on finit par se demander à quelle étape de son évolution elle en est.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il est bon de se souvenir des bases : notre chère poésie est très ancienne et est généralement écrite en vers ou, plus rarement, en prose. On s’en doute, sa définition varie selon les époques et chaque siècle lui trouve des fonctions et des expressions propres. À défaut de ne pas avoir de trace poétique datant de la préhistoire, ce sont les civilisations antiques qui la mirent sur le devant de la scène. Par ailleurs, chez les Grecs, tout fabriquant de texte était considéré comme poète.

Puisque métamorphe, cela va de soi qu’elle détient un grand nombre de formes. Avant de nous plonger dans la complexité, voyons les plus communes :


La poésie versifiée se pâme Sous son rythme élancé et ses attributs C’est la reconnaissance qu’elle réclame Pour la tradition quelle perpétue

La poésie métrée est une forme bien connue Dans la littérature elle est très répandue C’est avec douze syllabes qu’on la reconnait bien Mesdames et messieurs voici l’Alexandrin !


Le Calligramme