La Paralysie du sommeil

Nous sommes tous différents. C’est une certitude impossible à écarter. Néanmoins, il y a des faits et des actions qui nous unissent. Simples désirs, habitudes ou maladresses, on se reconnait parfois dans l’autre.

En tant qu’êtres de chair et de sang, nous avons des activités que même d’autres espèces entreprennent. L’une d’elles, nous la mettons en pratique depuis notre naissance. Nourrissons, nous empêchions nos chers parents de la pratiquer. Il en résultait des manques, des somnolences au milieu d’un dîner de famille ou au travail.


Déjà tout petits, nous avions besoin de dormir afin de nous éveiller enjoués. Le manque de sommeil n’est bien pour personne. Dormir est un besoin primaire et fait partie de notre quotidien. Désolée, chers insomniaques. En ce jour, le but n’est pas de mettre en valeur vos activités nocturnes. Doucement, sans faire de bruit, nous allons plutôt nous intéresser à ceux qui dorment. Ceux qui, le soir, se sentent à l’aise dans leur lit, loin de tout dangers.


Nous allons nous adresser autant à ceux qui aiment l’obscurité que ceux qui la craignent.


Lorsque nous dormons, nous ne nous rendons pas compte de la lueur présente dans la pièce ou non. Les bruits se font lointains et nous voyageons loin, bien loin.


C’est alors que tout s’arrête.


Le pays des rêves ou des cauchemars ne nous semble plus accessible. La réalité nous tend encore les bras mais on ne peut quand même pas l’atteindre. La fatigue nous empêche de voir clair. De ce fait, le plus téméraire essaye de bouger, de comprendre pourquoi tout s’est figé, pourquoi la route semble l’engluer. En guise de réponse, c’est le choc : l’immobilité.


Incapable de faire le moindre geste, le corps devient un étau affreux duquel l’on ne peut ressortir. Le cœur se met à battre trop vite, l’adrénaline s’enclenche mais rien ne fonctionne. La paralysie s’empare de nous et c’est notre être qui hurle. On crie pour se détacher de l’instant affreux, on espère que quelqu’un nous entendra.


Prisonniers sans autres clés que la peur, nos yeux parfois entrouverts perçoivent une personne, voient des silhouettes oniriques, menaçantes. Parfois, il n’y a rien de tout cela mais plutôt l’impression qu’une araignée avance dans notre dos… Ou alors qu’une voix chuchote des paroles derrière l’armoire, le coin d’un mur…


Nous ne sommes plus seuls et cette attaque et d’autant plus affligeante que nous sommes contraints de la subir.

Tel un véritable scénario de Film Hollywoodien, notre cerveau mène la cadence, nous faisant voguer dans les recoins de notre subconscient.


Par chance, à force d’hurler, on se réveille.


L’étau nous a fragilisé, nos yeux fixent n’importe quels recoins de la pièce…


… Il n’y avait rien à par nous. Victimes de notre sommeil.