NOIR : Interview de Cyril Fallavollita


Cyril Fallavollita est un auteur et nouvelliste participant à la seconde anthologie de Noir d'Absinthe : NOIR.


Auteur qui n’aime pas parler de lui car rien n’est très intéressant mais qui se regarde parfois trop écrire. Un amour des histoires et des lettres qui naquit durant l’enfance, grandit par un côté rêveur et se nourrit tout au long de l’adolescence et du jeune âge adulte par une envie de raconter des choses sans avoir à parler. En bon introverti qu’il est, l’écriture lui permit ce luxe. Dans la vraie vie, il ne parle pas de lui à la troisième personne.



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  • Sachant que vous n’aimez pas parler de vous, je tâcherais de ne pas me montrer trop curieuse et je vais commencer en douceur : quelle place la lecture occupait-elle durant votre enfance ? Bonjour et merci pour les questions, déjà ! Je vais tâcher d’y répondre du mieux possible. La lecture a joué un rôle extrêmement important dans mon enfance. Je dois ça à mes parents, j’ai eu la chance qu’ils me lisent des histoires pour m’endormir quand j’étais un enfant ne sachant pas lire. Une fois ce cap passé, cela m’a permis d’entrer dans un tout nouveau monde, et j’ai eu tendance à dévorer un peu tout ce qui me passait sous la main. Je me rappelle des samedi matins à la bibliothèque de la ville, à dénicher des romans, des livres sur différents thèmes (animaux, l’espace, le sport, etc), des BD… Avec l’âge, cette curiosité est restée, même si mes goûts se sont précisés.


  • Qui ont été vos premiers lecteurs ? Votre famille ? Vos amis ? Autres ? Mes instituteurs-rices et mes parents, qui furent les premiers à lire mes devoirs d’expression écrite à l’école primaire et au collège. Aujourd’hui quand j’écris un texte, avant de l’envoyer à un appel à textes par exemple, je le fais lire par ma petite amie, puis selon les disponibilités et envies des uns et des autres, à des ami-e-s proches et à un de mes cousins (qui écrit aussi). Je le fais car j’ai confiance en leur jugement et leur capacité à me dire frontalement et honnêtement ce qu’ils en ont pensé, s’ils ont aimé ou non, pourquoi, etc. Cela m’aide à faire ressortir des aspects que je n’avais pas vu, à apporter des précisions sur des points évidents pour moi mais pas pour le lecteur, etc. Tout pour affiner le texte avant de l’envoyer à un AT, par exemple. Ayant du mal à être pleinement satisfait de ce que je réalise (ici, l’écriture), souvent le texte n’a pas lecteurs supplémentaires, à moins que par chance, il soit sélectionné, et là je le partage un peu plus largement à d’autres proches.


  • Est-ce que vous aspirez à vivre de votre plume ? Ce serait un rêve, oui. Maintenant, pour avoir échangé avec une amie autrice pleinement engagée dans le sujet, je suis conscient de la difficulté de cet objectif. « Beaucoup d’appelé-e-s, peu d’élu-e-s » dirons-nous. J’ai la chance d’avoir un boulot stable, qui me permet de subvenir à mes besoins, ce qui me permet d’écrire de façon plus libérée : je n’ai pas de pression quant à des ventes à obtenir, adapter implicitement ou non mes textes pour plaire à un public cible en ce sens, etc. Cette liberté me permet d’écrire pour m’amuser et m’évader. Ensuite, de façon plus réaliste, je ne pense pas avoir le talent pour, et je ne sais pas si j’arriverais à pleinement consacrer mes journées à écrire de façon « productive et efficace » : assurer une quantité de textes avec une qualité au niveau de mes attentes.


  • Auteur polyvalent, vous avez écrit nombre de romans, poèmes, nouvelles. Lequel de ces genres a votre préférence ? Pour quelle raison ? Il faut déjà savoir que l’immense majorité des ces écrits dort paisiblement sur mon disque dur, sans parler des incomptables projets commencés et inachevés (ma grande spécialité). J’ai surtout écrit plusieurs poèmes/textes de chansons quand j’étais adolescent, à l’époque où mon rêve était de devenir une rock-star (mais j’ai choisi de faire de la basse, tant pis… !), sur lesquels j’ai un regard un peu gêné aujourd’hui, du fait des thèmes peu poussés ou de la qualité d’écriture. Sans les regretter, évidemment, comme ils m’ont permis d’un peu affiner ma plume. J’ai mis de côté les poèmes depuis, arrivant moins à exprimer mes idées en vers et privilégiant la prose. Pour les nouvelles, elles ont vu le jour en réponse à des appels à textes. J’ai fini second à un « concours de nouvelles » quand j’étais étudiant, le premier auquel j’ai participé, ce qui m’a motivé à en écrire d’autre. Aucune n’a passé le coche jusqu’à celle sélectionnée par Noir d’Absinthe. Une fois encore, ça m’a permis de m’amuser sur les différents thèmes travaillés, et surtout de me tester un peu, en me fixant des objectifs : écrire de la SF, quelque chose de réaliste, d’absurde, de positif, de plus sombre… Quant au roman, j’en ai écris un seul récemment, cela m’a pris bien plus de temps qu’imaginé et je me dis qu’il faudra bien que je fasse quelque chose de ce gros projet dont j’ai eu du mal à accoucher ! Actuellement, j’ai beaucoup de projets en tête, liés à l’écriture ou non. Il ne me reste qu’à trouver le temps de les lancer, sans m’éparpiller. Mes préférences vont clairement vers la prose des romans et nouvelles. Le roman, car il permet plus de liberté, la possibilité de pousser les idées dans leurs retranchements, de s’amuser avec. La nouvelle pour les contraintes créatives du thème et de la longueur, qui permettent de se canaliser, d’éviter de partir dans tous les sens et d’aller à l’essentiel.

  • Sachant qu’un poète se cache derrière votre nouvelle Mort, serais-je trop intrusive de vous demander de nous faire parvenir un poème de votre composition afin de donner un aperçu à nos lecteurs ? Les derniers poèmes écrits l’ont été il y a plusieurs années, et je ne les trouve pas vraiment bons, pour être honnête. J’avais du mal à sortir quelque chose qui me convenait, donc j’ai basculé vers les nouvelles et les romans. Cela dit, il y a 5-6 ans, j’ai « sorti » un album, étant aussi musicien. Petite mise en garde : j’ai voulu tout faire tout seul, que ce soit la composition, l’enregistrement et (malheureusement) la production. Malheureusement, car la qualité de son donne un rendu extrêmement amateur, dont j’ai un peu honte aujourd’hui ! Cela dit, je suis assez content d’avoir pu mener à bien ce long projet, et je ne regrette absolument rien, c’était l’accomplissement d’un rêve de (grand) enfant. L’album étant instrumental, j’avais illustré chaque morceau d’une photo et d’un petit texte, sous forme de poème. Cela donnait un peu de contexte et une orientation pour les auditeurs qui auraient pris le temps de cliquer au bon endroit. L’album se trouve là Il faut cliquer sur chaque morceau indépendamment pour voir la photo et lire le texte correspondant. Et si je ne devais en garder qu’un, dont je sois encore satisfait par la musique et le texte d’accompagnement, ce serait celui-ci.


Merci Cyril!


L'Anthologie NOIR sera disponible le 27 juin 2020


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