NOIR : Interview de Patrice Quélard


Patrice Quélard est un auteur et nouvelliste participant à la seconde anthologie de Noir d'Absinthe : NOIR.


Patrice Quélard est tout autant voyageur impénitent qu’attaché à sa Bretagne natale. Passionné d’Histoire, et particulièrement des petites histoires dans la grande, cela ne l’empêche pas d’être également très attiré par les littératures de l’imaginaire. Dès la cinquième, son vénérable professeur de français disait de lui : « de la facilité de style, mais il faut parfois s’en méfier ! », conseil qu’il a pris longtemps au pied de la lettre, gardant pour lui sa versatile et abondante production, avant de se décider finalement à la partager. Bien que figurant dans des genres éclectiques, ses œuvres ont souvent pour trait commun un humour grinçant, ainsi qu’une réflexion sans concession sur la société actuelle, et plus généralement sur la condition humaine. Patrice Quélard vit à Saint-Nazaire, où il mène parallèlement une carrière dans l’éducation.


Romans

Fratricide, (Les Amazones, février 2017.) Catharsis – Disputatio (Ed2A, décembre 2016, puis KDP, juin 2019.) Terramorphos, saison 1 (Nutty Sheep, juin 2016, avril 2017 en intégrale brochée.) Terramorphos, saison 2 (Nutty Sheep, juin 2017, décembre 2017 en intégrale brochée.)

Patrice a aussi écrit beaucoup de nouvelles

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  1. Après avoir consacré une partie de votre vie à l’enfance par le biais de vos professions, qu’est-ce qui vous a poussé à vous tourner vers ce genre du NOIR, soit un genre aux antipodes ? Eh bien, le thème proposé, tout simplement ? Je ne suis pas un grand lecteur de roman noir, et je n'avais jamais rien écrit dans ce genre. Je suis un auteur assez éclectique par nature, même si j'ai mes thèmes de prédilection. Quand j'ai vu cet appel à texte, j'y ai surtout reconnu un challenge qui me pousserait à sortir de ma zone de confort, et je trouve que c'est important de s'y obliger régulièrement. Résultat des courses, probablement le texte le plus trash qui soit jamais sorti de ma plume, hors quelques scènes de champs de bataille de mon premier roman, Fratricide. Mais cela ne m'empêche pas de sortir bientôt un album pour la jeunesse, et de préparer un roman jeunesse pour l'année prochaine, pour lesquels j'utilise bien sûr ma connaissance du public juvénile. Je change assez facilement de "casquette", et contrairement à beaucoup de mes confrères, quand je change de genre, je n'ai pas l'habitude de me cacher derrière un pseudo. Jusqu'à présent (je touche du bois), j'ai toujours assumé tout ce que j'ai écrit, même quand c'était dur, violent, noir, déprimant. Peut-être aussi parce que rien de ce que j'écris n'est gratuit : il y a toujours un message.

  2. Arrivez-vous à concilier votre profession actuelle avec votre passion pour l’écriture ? Pour être parfaitement franc, ce n'est pas toujours facile. Parfois, j'aimerais ne vivre que de ma plume, et puis à d'autres moments, je me dis que j'en serais tout simplement incapable. La vérité doit se trouver quelque part entre les deux. J'exerce un métier (directeur d'école) vraiment très intéressant, mais de plus en plus difficile, la chose est incontestable et pratiquement incontestée. Alors écrire le soir, la nuit ou même le week-end, quand on a eu une journée/semaine éprouvante, c'est parfois très compliqué, et parfois même impossible. Mais d'un autre côté, il faut aussi reconnaître que mes deux professions non seulement se complètent bien, mais je dirais même : se nourrissent l'une et l'autre. Ce que je vis quotidiennement au travail, entre autres, contribue à alimenter régulièrement mes romans et mes nouvelles en personnages et en situations diverses et parfois si cocasses que même mon imagination débordante n'y aurait pas songé, et d'autre part, mes sessions d'écriture sont un espace d'expression et de défoulement absolument indispensable à ma santé mentale après avoir passé mes journées à gérer des situations pénibles ou à tenter de dénouer des problèmes inextricables. Tout cela relève d'un équilibre précaire (avec mon entourage familial, qui est la troisième pierre angulaire) qui convient, pour le moment, à l'écorché vif que je suis, qui sait que tout équili