NOIR : Interview de Jordi Vila Cornellas

Jordi Vila Cornellas est un auteur et nouvelliste participant à la seconde anthologie de Noir d'Absinthe : NOIR.



De signe astrologique lutin ascendant chimère, Jordi Vila Cornellas a poursuivi des études d’écriture de scénario sans jamais les rattraper, trop occupé à vivre ses propres aventures dans des donjons imaginaires pleins de dragons et de princesses éplorées.

Une maîtrise d’écriture de scénario obtenue à l’arraché, il a préféré abandonner le cinéma pour explorer d’autres univers. Vingt ans plus tard, en plein doute sur la réalité de son existence, il s’est réveillé aux Utopiales avec la ferme conviction que le temps ne pouvait pas se remonter, sauf dans les histoires. Il a donc ressorti sa plume – transformée en clavier – rallumé son imaginaire, et s’est enjoint de léguer à l’humanité un compendium d’œuvres inachevées, à l’exception de certaines dont il souhaitait vraiment connaître la fin.


Présent sur les plateformes de lecture/écriture en ligne sous le pseudonyme de Joe Cornellas, affectionnant les récits de space opera et de fantasy, deux de ses nouvelles ont été primées lors des matchs d’écriture des Utopiales (2016 et 2017) et publiées sur le site du Club Présences d’Esprits. Son premier roman (inachevé) s’est vu décerner un Wattys dans la catégorie « Révélations » en 2017 sur Wattpad.


Sa dernière publication papier remonte à septembre 2018 avec une nouvelle parue dans l’anthologie Dimension Aéropostale chez Rivière Blanche et l’Ivre Book.


  • Dans votre biographie vous dites être « trop occupé à vivre des aventures dans des donjons imaginaires pleins de dragons et de princesses éplorées ». Votre vie à l’air bien palpitante à côté de la mienne. Dites-nous-en un peu plus ?


Résumer des années d’aventures, de hauts faits et d’acclamations de peuples libérés du joug de leurs tyrans prendrait sans doute un peu trop de place ici. Un point important à savoir : ça, c’était avant…


Les jeux de rôle ont peuplé ma jeunesse de rêves, de drames et d’intrigues passionnantes. Ma drogue à moi, c’était les mondes imaginaires, quelle que soit la façon dont ils se matérialisaient dans ma vie : littérature SF et fantasy, BD, cinéma, jeux de plateau ou jeux de cartes (comme Magic) et autres divertissements situés de l’autre côté du périphérique de notre réalité. J’étais ce qu’on appelle aujourd’hui un « geek », comme une grande partie de cette génération des années 70-80 qui a grandi avec les livres dont vous êtes le héros, avec la Guerre des étoiles, Temps X, les micro-ordinateurs à cassettes, l’Atari 2600 et tout ce florilège de nouveautés extraordinaires qui permettaient de s’évader d’un monde en proie à une course aux ogives nucléaires.


Voilà qui a servi de terreau à mon imagination, à mon besoin d’histoires et de récits. Mais, rassurez-vous, Justine, ma vie (de ce bord du monde) n’est pas plus palpitante que la vôtre, sinon je vous invite à vous rendre de ce pas dans la première boutique de jeux du coin et à menacer de vous immoler par le feu devant la vitrine si le vendeur ne vous initie pas sur le champ au jeu de rôle ! vous verrez, ça risque de palpiter très vite autour de vous 😉


Maintenant, je tente d’apprendre les rudiments de la magie à ma fille et les bases de la navigation hyperspatiale à mon fils. Ils prendront le relais, je n’ai plus le temps pour ces fantaisies. J’ai remplacé le jeu de rôle par l’écriture, parce que ça, je peux le faire tranquillement dans mon coin, une fois le calme de la nuit tombé sur la maison. Et puis, ça fait classe… à la question « et vous, vous faites quoi dans la vie ? », lors d’une soirée mondaine à l’Elysée par exemple, c’est toujours plus cool de répondre : « je suis auteur », que « informaticien, monsieur le ministre, et vous ? » …


  • Au premier abord, qu’est-ce qui vous a intéressé dans cet appel à textes sur le thème NOIR ? Était-ce un de vos genres de prédilections ?


C’est la maison d’édition qui m’a attiré, pas du tout le thème, d’ailleurs, j’écris peu de textes « sombres », je ne sais pas faire (enfin, je ne savais pas que je savais). L’appel à texte était tellement bien documenté, on sentait que l’éditeur maîtrisait son sujet, qu’il ne prenait pas du tout son anthologie à la légère.


Je me suis renseigné sur Noir d’Absinthe (je fais partie du forum « l’Orée