5 Choses à savoir sur la Science-Fiction

December 13, 2017

La Science-Fiction, autrefois genre littéraire plutôt réservé à un public ciblé, s’est émancipée de son passé un peu élitiste, notamment par le biais du cinéma. Pourtant, cette littérature a gardé une partie de sa réputation geek et mauvais genre, notamment en France. Il s’agit pourtant de l’une des littératures les plus riches et profondes que l’on puisse trouver aujourd’hui. Voici cinq choses à savoir sur la SF.

 

N'hésitez pas à commenter à la fin de cet article !

 

 

Du délicat exercice de définir la Science-Fiction :

 

Le mot Science-Fiction appelle immédiatement des images quand on le lit ou l’entend : des planètes étranges, des créatures aliens, des vaisseaux spatiaux ou encore des robots. Mais il serait très difficile de limiter la SF à ces seules images, aussi belles soient-elles.

 

Tout d’abord, je pense qu’il est bon de donner une définition à la SF, qui n’engage que Noir d’Absinthe:

 

Il s’agit pour nous d’histoires prenant place en tout lieu et en tout temps, mais dont le contexte scientifique diffère de notre monde réel.

 

Cela signifie que l’histoire peut traiter d’une science futuriste, pas encore développée, qui pourrait apparaître dans dix ans ou dans dix mille ans, mais aussi de sciences différentes, ce qui arrive par exemple dans le steampunk, où en général la technologie de la vapeur a pris le pas sur le pétrole. La science n’a ainsi pas besoin d’être plus évoluée que celle réelle.

 

Par science, nous ne parlons pas uniquement des sciences dures comme la physique ou l’informatique, auxquelles nous pensons en premier à la mention de la SF. Il peut s’agir de sciences sociales, par exemple, c’est ce que l’on voit dans l’uchronie ou la dystopie.En revanche, et c’est le point important, les différences entre le monde de SF et le monde réel sont scientifiques, c’est-à-dire que l’on exclut le surnaturel. Si ma nouvelle technologie qui propulse les vaisseaux dans l’espace est à base de magie, dans ce cas nous ne sommes plus dans la SF mais de nouveau dans la Fantasy.

 

En théorie, car bien sûr ce serait trop simple si les genres étaient parfaitement étanches. Parfois on se retrouve avec des textes qui mélangent plusieurs genres, comme la SF et la Fantasy ou la SF et le Fantastique.

 

Ça tombe bien, chez Noir d’Absinthe, nous aimons les mélanges de genre.

 

 

 

Un genre aux multiples facettes :

 

On vient de le voir, la SF est finalement assez vaste et englobe des univers et des thématiques extrêmement différentes. Il y a ainsi beaucoup de sous-genres de SF, que l’on va essayer de couvrir en partie ici, pour comprendre leurs différences. Comme pour la Fantasy, tout le monde n’aura pas les mêmes goûts et n’attendra pas la même chose d’un texte de Science-Fiction.

 

  • L’anticipation ou la SF Prospective :

Ici, l’auteur ou l’autrice se projette dans le futur, à partir des technologies existantes ou encore en développement, mais en considérant aussi les contextes politiques, sociaux, démographiques, etc. Cette SF nous emmène dans un futur possible, idéalement plausible, ce qui s’avère très difficile à imaginer aujourd’hui. J’en avait déjà parlé dans un article sur mon blog personnel il y a quelques temps, car cette SF me semble aujourd’hui très compliquée à écrire tant le monde est devenu complexe.

 

La SF prospective a vraiment pour vocation de rester réaliste et de construire son univers à partir du réel. Il peut s’agir d’une littérature à messages et militante, même si cela peut facilement nuire au réalisme. La Science-Fiction prospective s’appuyant sur le réel, on est censé y retrouver les nuances de notre monde. Quand le trait est trop forcé, on se retrouve dans d’autres genres.

 

  • Le post-apocalyptique ou post-apo :

La guerre, les éléments ou les zombies ont mené au cataclysme, le grand événement qui a ravagé la civilisation telle qu’on la connait. L’humanité n’a pas été totalement détruite, mais il s’en est fallu de peu, et les survivants se sont réorganisés. La société post-apo varie selon les œuvres, mais en général on est retourné sous un mode tribal, voire féodal, et très local. Ce genre a eu pas mal de succès au cinéma avec Mad Max notamment, ainsi qu’en jeu vidéo avec Fallout ou plus récemment The Last of Us. Côté livre, nous pourrons citer La Route. C’est ainsi un genre qui peut être très coloré ou très sombre, empruntant tantôt au western, tantôt à l’horreur, avec nombre de nuances au milieu.

 

  • Le cyberpunk :

Le cyberpunk proposait des mondes proches devenus très technologiques, souvent dominés par des corporations et des intérêts privés tout en mettant l’informatique au cœur de nombre d’intrigues. C’étaient des ambiances sombres, avec des histoires pessimistes. Le genre du roman noir s’y mêlait par exemple très bien.


J’emploie le passé car le cyberpunk est un genre en fin de vie, non pas car il a perdu de son intérêt, mais parce que les technologies et les univers décrits initialement dans ce genre existent à présent pour nombres d’entre eux. Ainsi, un polar sur fond technologique ou de terrorisme d’aujourd’hui pourrait sans mal passer pour du cyberpunk des années 80.


Blade Runner a longtemps été l’un des ambassadeurs du cyberpunk, aussi bien en livre qu’au cinéma, ou même dans un excellent jeu vidéo.
 

  • La dystopie :

Ce genre a connu un renouveau grâce au roman jeune adulte, avec des titres comme Hunger Games ou Divergent. Pourtant, la dystopie est initialement plutôt adulte, présentant une société imaginaire opprimante. On peut citer par exemple 1984, l’un des romans les plus connus du genre, nous présentant une Grande Bretagne régie par un état totalitaire. Et c’est souvent ce concept de totalitarisme qui est repris dans la dystopie.

 

La technologie et les sciences dures deviennent ainsi bien moins présentes que dans d’autres sous-genres de la SF. Dans des textes comme La Servante Écarlate, très bien adaptée en série TV au demeurant, le monde n’a ainsi rien de technologique et reste ancré dans le début du 21ème siècle. Dans Equilibrium, en revanche, le monde est davantage futuriste.

 

  • Le Space Opera :


Direction l’espace ! Le Space Opera est un genre de SF classique, qui nous projette dans un univers aux nombreuses planètes, parfois même aux multiples galaxies. On peut ainsi se retrouver dans des histoires assez réalistes, où la cohérence de l’univers est très importante et où la physique n’est pas totalement improbable (c’est le cas de The Expanse, très bonne série de livres, bien adaptée en série TV d’ailleurs, entre Space Opera et SF prospective), ou alors avec des voyages plus rapides que la vitesse de la lumière et avec des armes-planètes (Star Wars, pour ne pas le citer).


On est souvent dans un registre épique, finalement assez proche de certains genres de Fantasy et la guerre entre civilisations est régulièrement présente.
 

 

 

Voilà pour les principaux sous-genres de la SF. Il y en a d’autres, mais avec ceux-là, on a déjà beaucoup de clefs pour pouvoir en parler et cerner les thèmes récurrents.

 

La SF se marie très bien :

 

La Science-Fiction n’a pas besoin de rester fidèle à elle-même. Elle se prête en effet très bien au mélange de genres. D’ailleurs, beaucoup de grandes œuvres de SF ne sont pas uniquement de la SF et empruntent à d’autres littératures (certaines mauvaises langues iraient jusqu’à dire que la SF n’est pas un genre littéraire à part entière, juste un cadre).

 

Ainsi, quand l’horreur se mêle à la SF, on se retrouve devant un Alien. Quand elle lorgne du côté de la Fantasy, on se retrouve avec du Star Wars (qui, s’il s’agit bien de Space Opera, peut aussi se prétendre de la Science Fantasy, le genre hybride entre SF et Fantasy). Quand on marie la SF au polar, on se retrouve avec du Dark City ou du Blade Runner (et là aussi, on pourrait dire que tout le genre cyberpunk s’apparente au polar).

 

Mais, vous l’avez compris à présent, chez Noir d’Absinthe c’est justement ce qui nous plaît.

 

 

Un genre poussant la réflexion :

 

La SF a une place particulière dans la fiction. Elle permet en effet de poser des questions sur la société, l’éthique, la technologie, la religion ou encore la conscience, sans forcément y répondre. Un auteur ou une autrice, quel que soit le média, pourra nous interroger sur ces thèmes variés : quelle est la place de l’homme dans l’univers ? Quelles seraient les conséquences de certains choix politiques, environnementaux, ou technologiques ? Comment pourrait être le monde si… ?

 

Peu de genres littéraires peuvent ainsi mettre l’humain face à lui-même. Bien sûr, certaines œuvres sont avant tout divertissantes et proposent des cadres impressionnants et immersifs, mais cela ne les empêche pas de nous questionner et souvent, les œuvres de SF se montrent vitales en proposant des réflexions sur des thèmes très actuels dont le monde scientifique, et plus encore le monde politique, manque de recul.

 

C’est vraiment ce que nous aimons dans la Science-Fiction chez Noir d’Absinthe, cette faculté de faire réfléchir, sans pour autant apporter toutes les réponses.

 

 

Un rapport maladif avec la France :

 

La SF a mauvaise presse en France. Les auteurs et autrices qui en écrivent sont mal vu·e·s par les médias français. Ainsi, lorsque Gallimard publie 2084. La fin du monde, on ne le classe pas en librairie dans les rayons SF. Ni quand Amélie Nothomb écrit Acide Sulfurique, un autre roman de dystopie. Sans compter que beaucoup voient la SF comme une littérature anglo-saxonne, au détriment des auteurs français, alors même que la SF fait partie du patrimoine littéraire français. Jules Vernes nous le rappelle.

 

On pourrait penser que les choses vont mieux dans le cinéma, mais bien au contraire. Luc Besson est bien le seul qui puisse produire des œuvres de SF en France. Des tentatives comme Virtual Revolution ou Ares existent, mais se heurtent à un immobilisme des financeurs français, qui préfèrent le drame familial ou la comédie à la SF, jugée comme de mauvais genre, une fois encore. Un simple coup d’œil au box office mondial nous apprend tout de même que les 5 films qui ont rapporté le plus de tous les temps sont de la SF : à contrario, en France, seule une œuvre de SF est dans le top 15 du box office.

 

Il reste donc beaucoup à faire en France pour diffuser ce genre auprès du grand public, qui croit souvent, à tort, qu’il faut être initié pour l’apprécier.

 

 

Conclusion :

 

Malgré cette note un peu acide sur la SF en France, le genre a de beaux jours devant lui, son propos et ses thématiques évoluant avec le temps et l’histoire. Quand un sous-genre devient obsolète, la SF dans son ensemble garde sa pertinence car il y aura toujours des thèmes nouveaux dans nos sociétés à extrapoler et à transposer.


Pour aller au-delà, la SF permet aussi et surtout de se poser des questions en amont. Par exemple, le monde scientifique commence à se poser la question des robots-tueurs, le monde politique est complétement dépassé, tandis qu’Asimov en parlait déjà en 1942 avec ses trois lois de la robotique.

 

 

Et vous, quels sont vos genres de SF préférés ?

 

 

Quelques ressources :

 

Une étude détaillée de la SF en pdf.

 

Le site Destination Futur apporte lui aussi ses définitions.

 

Une vidéo de 14 minutes sur le rôle de la SF.

 

NooSFere est une encyclopédie en ligne sur l’Imaginaire et la SF.

 

Crédit photo : Bryan Goff, Saksham Gangwar & Chris Lawton

 

 

 

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