Interview de Cécile Pommereau, autrice chez Noir d'Absinthe

 

Bonjour Cécile. Merci de te prêter au jeu de l’interview !

 

Tout d’abord, peux-tu nous parler un peu de ton parcours ?

 

J’ai un parcours assez court, à vrai dire. J’ai arrêté les études avant le bac, pour rentrer à ma majorité dans la police. Je suis donc flic depuis maintenant 12 ans.
 

As-tu des livres, ou des genres, que tu affectionnes particulièrement ?

 

Je lis de tout, à l’exception du policier et de la SF. J’ai toutefois une préférence pour les genres de l’imaginaire et les contes philosophiques. 

 

Si je devais donner un roman de chaque, je dirais sans hésiter l’Assassin Royal pour la catégorie imaginaire, et l’Oracle Della Luna pour le conte philosophique

 

Qu’est-ce qui t’a poussée vers l’écriture ?

 

 

Je pense que je me suis tournée vers l’écriture, dans un premier temps, pour raconter les histoires que j’aurais aimé lire. Etrangement, c’était pas terrible.

 

Ensuite, j’ai continué parce que c’était un bon exercice, que de travailler son style. Mes écrits étaient meilleurs, mais c’était pas encore ça.

 

Et puis un jour, j’ai écrit Immortel Ad Vitam parce que j’en avais besoin. Le roman s’est échappé de moi.

 

 

 

Dans Immortel Ad Vitam (IAV pour les intimes), tu mélanges le polar, le fantastique, le roadtrip, le feel-good et la quête initiatique. Es-tu schizophrène ?

 

Oui. Non. Un peu.

 

Bon en fait, je pense qu’une personne saine doit avoir plusieurs cordes à son arc. Doit s’intéresser à plusieurs choses qui ne sont pas forcément en lien. Je pense que dans la vie, il faut être un peu schizophrène. Ça nourrit l’esprit.

 

Comment t’es venue l’inspiration pour écrire les mésaventures de Fred et de Jean ?

 

L’inspiration m’est venue comme JK ROWLING. Dans le train. Bon, dans le RER C, ce qui est moins classe et explique sûrement pourquoi je n’ai pas encore connu le même succès qu’elle.

 

Il faut savoir que j’ai une grosse angoisse dans la vie, c’est de mourir. Et à cette période, ma compagne avait des insomnies particulièrement difficiles à vivre. Cette incapacité à dormir me fascinait un peu, moi qui n’ai jamais eu de réelle difficulté à m’endormir. Bref, mon esprit vagabondant au gré des paysages essonniens qui défilaient à ma fenêtre de RER, j’ai imaginé le personnage de Fred, le mec désabusé qui ne peut pas mourir quand bien même il le voudrait.

 

J’ai noté un pitch de 15 lignes sur mon téléphone, et je n’y ai pas touché pendant 3-4 ans. Jusqu’au jour où je me suis cassé la main, et que j’ai été arrêtée pendant 3 mois. IAV a été écrit pendant mon arrêt maladie.

 

Le pitch initial ressemblait à ça :

 

Je ne vous raconterai pas une histoire de vampire qui tombe amoureux d'une jolie demoiselle. Je ne vous ferai pas rêver à grand coups de loup garou ou d'ange gardien. Je vais vous raconter une histoire d'immortel, de vrai. Vous voyez les insomniaques? Vous savez tous ces gens qui n'arrivent pas à dormir? Eh bien moi pareil. Sauf que moi je dors très bien et ce que je suis incapable de faire, c'est mourir. Je n'y peux rien, c'est comme ça. C'est pas faute d'avoir essayé. Oh là là ! Je vous vois venir d'ici : « C'est trop bien la vie éternelle » et tout le toutim! Quand on est un riche milliardaire explorateur à la vie bien remplie, c'est sûrement sympa au moins pendant quelques siècles. Mais honnêtement, quand on est Rmiste, incapable de garder une meuf plus de trois semaines, avec un physique tout ce qu'il y a de plus banal, et des poches trouées, tout de suite c'est moins classe. Quand en plus vous découvrez que vous êtes immortel le jour où vous essayez de vous foutre en l'air, ça devient carrément risible!

 

Toi-même tu es flic, et ça se ressent vraiment dans le roman, bourré de vécu. À ce propos, aurais-tu une ou des anecdotes croustillantes pour nos lecteurs ?

 

J’en ai à la pelle !

 

Par exemple, je suis intervenue sur une tentative d’homicide. Deux mecs parfaitement avinés s’étaient fait rouler dessus (2 fois) par une camionnette. Le chauffeur de bus, témoin, nous a avoué qu’à la fin la situation était devenue  comique, les 2 compères se sont relevés, et tout alcoolisés qu’ils étaient, ont juste lancé un « l’est où mon pote ? »

 

Sinon, pour faire le lien avec IAV,  le premier homicide de Jean, décrit dans le roman, raconte une situation vécue par mon père (qui était policier aussi), mais avec mon ressenti, sur mon premier homicide à moi.

 

Et si on reste sur les anecdotes, peux-tu nous parler de l’écriture d’IAV ? Avais-tu des rituels particuliers ? Des moments marquants ?

 

Non, juste une chose. Je n’arrive pas à écrire chez moi, je suis trop facilement distraite. J’ai donc dû trouver une parade. J’ai écrit pratiquement tout le roman assise sur une chaise inconfortable sur mon balcon.

 

Pour le reste, pour peu qu’on m’en laisse le temps, j’écris d’une traite, pendant plusieurs heures, alternant bière et thé, en fonction de l’heure ou de mon état d’ébriété.

 

As-tu d’autres projets d’écriture dont tu voudrais nous faire part ?

 

Mon crâne fourmille d’idées, mais rien qui ne soit encore arrivé à maturation. Je pense que mon prochain roman sera une histoire de reconstruction aussi. Une handicapée du cœur qui se répare. Plutôt littérature blanche du coup. Mais j’ai encore plein de choses dans les poches du côté de l’imaginaire.

 

Maintenant, passons aux choses sérieuses, avec le fameux questionnaire de Proust, qui permettront à nos lecteurs de mieux te connaître !

 

1. Ta vertu préférée :  la bienveillance

2. Le principal trait de ton caractère : spontanée

3. La qualité que tu préfères chez les hommes : la gentillesse

4. La qualité que tu préfères chez les femmes : la gentillesse (pourquoi attendre une qualité différente chez l’un ou l’autre ?)

5. Ton principal défaut : ma fainéantise

6. Ta principale qualité : la bienveillance

7. Ce que tu apprécies le plus chez tes amis : leur bienveillance (bon, vous le comprenez, c’est important pour moi la bienveillance ! :D)

8. Ton occupation préférée : fabriquer des choses. Tout, n’importe quoi. J’aime me servir de mes dix doigts.

9. Ton rêve de bonheur : Une grande propriété dans les bois, une barrière tout autour, des livres, un atelier, un ordi, une connexion internet, un cheval.

10. Quel serait ton plus grand malheur ? Mourir. Oui, je sais, mon tour viendra, comme tout le monde. A moins que…

11. À part toi-même qui voudrais-tu être ?  Personne en particulier. Quelqu’un de brillant ?

12. Le pays où tu aimerais vivre : J’aime voyager, mais je n’ai encore jamais trouvé de pays où je voudrais m’installer définitivement.

13. La couleur que tu préfères :  le bleu

14. La fleur que tu préfères : le lys

15. L'oiseau que tu préfères : le colibri

17. Tes poètes préférés : Baudelaire

18. Tes héros favoris dans la fiction : au risque de sortir du cadre roman, je répondrais Batman

19. Tes héroïnes favorites dans la fiction : Lyra dans La Croisée des Mondes.

20. Tes compositeurs préférés : Hans Zimmer. Ses BO sont vraiment marquantes.

21. Tes peintres préférés : probablement De Vinci, pas forcément pour ses peintures, mais pour tout le reste ! Quel génie !

22. Tes héros dans la vie réelle :  Personne qui me vienne spontanément en tête.

23. Tes héroïnes préférées dans la vie réelle : Emma Watson (Emma, si tu me lis…). En vérité, même si Emma est probablement quelqu’un de très bien, je donnerais la même réponse que pour les hommes.

24. Tes héros dans l'histoire : je m’abstiendrai sur celle-là. Beaucoup de personnes méritent probablement mon admiration : Gandhi, Mandela, Churchill, Simone Veil, etc… mais je ne connais sur ses personne que ce qu’on en raconte. J’ai besoin de connaître quelqu’un vraiment, en personne, pour l’admirer.

25. Ce que tu détestes le plus : la nature humaine

26. Le personnage historique que tu détestes le plus : Mao. Le mec reconnaissait quand même volontiers (je cite) « se laver dans le corps des femmes ». Rien qu’avec ça, il a détrôné Hitler.

27. Les faits historiques que tu méprises le plus : Refiler des couvertures variolées aux indiens. Franchement, c’est moche.

28. Le fait militaire que tu estimes le plus : Lors de la campagne de Russie, Napoléon et ses soldats sont arrivés à Moscou, épuisés et affamés. La ville avait été désertée par ses habitants et son gouvernement, et vidée de ses vivres. C’est culotté de la part des russes, mais quand j’y pense, c’est du génie !

29. La réforme que tu estimes : le plus le droit de vote des femmes.

30. Le don de la nature que tu voudrais avoir : parler aux animaux ?

31. Comment tu aimerais mourir : dans très longtemps, et sans souffrances

32. L'état présent de ton esprit : Je suis fatiguée, et j’ai envie d’une douche.

33. La faute qui t'inspire le plus d'indulgence :  la faute de frappe (oui je triche un peu)

34. Ta devise : aide-toi et le ciel t’aidera.

Une dernière question : si tu devenais Immortelle, comme Fred, que ferais-tu ?

 

Dans un premier temps, je m’isolerai. Plus besoin de se dépêcher de vivre, je m’éloignerai de ce flot incessant dans lequel nous sommes constamment plongés.

 

Quand la solitude me pèsera, et seulement à ce moment-là, je reprendrai une vie normale, quoi que plus lente que celle que je mène actuellement.

 

Merci beaucoup Cécile d'avoir répondu à toutes ces questions ! Quant à vous chers lecteurs, vous pouvez retrouver le premier roman de Cécile dans notre catalogue, ainsi que sa nouvelle Les Larmes de Cernunnos, qui explique certains éléments du roman (et se lit donc de préférence après).

 

 

 

 

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