Making-Of : L'Illustration de Hex in the City

March 6, 2018

Sommaire : 

 

 

Visite de San Francisco

Rencontre avec les personnages

La Genèse de Hex in the City

Making-of de l'illustration

 

 

La couverture de l’épisode 1 de Hex in the City a beaucoup plu, et pour cause, le travail réalisé par la talentueuse Erica Petit est de toute beauté.


Je vous propose un petit tour en backstage, pour découvrir comment on en est arrivé là.


Derrière l’illustration, il y a en effet eu tout un travail de réflexion et d’organisation. Je ne voulais pas que la couverture soit générique et fasse déjà vu. Or, c’est assez délicat, car en règle générale les illustrateurs passent par des banques d’images payantes quant il s’agit de réaliser une couverture représentant un personnage. Et les photographies disponibles sur ces banques d’images ne sont pas exclusives, ce qui veut dire que l’on peut avoir le même mannequin, voire la même pose, pour deux livres qui n’ont rien à voir. Pour peu que les couleurs soient identiques (ce qui est régulièrement le cas en Urban Fantasy avec une dominance de bleu), et on confond deux œuvres. Ce n’est pas super pour une nouvelle maison…


Comment faire pour éviter ce problème ?


Eh bien il y a un seul moyen : il faut faire des prises de vue originales. On peut passer commande auprès d’un photographe, mais cette option, si elle est vraiment qualitative, est très onéreuse car il faut louer un studio, engager un mannequin pour une demi-journée, voire louer du matériel et l’aide d’un photographe pro. Ce n’est évidemment pas viable pour une petite entreprise et il a fallu passer au plan B : se débrouiller.


Par chance, une de nos amies pose parfois pour des shoots. Elle est blonde, comme Taylor, jolie et photogénique. Mon épouse est une experte du maquillage (qui pourrait être pro) et elle aime la photographie en amatrice.


C’est donc une belle équipe d’amateurs qui s’est chargée du shoot.


Le lieu :


Première étape, trouver un endroit pour faire des prises de vue. Il faut un cadre qui puisse facilement être retouché par l’illustratrice derrière. L’idéal est le studio, mais ça fait monter les prix et il faut connaître le matériel, ce qui n’est pas le cas quand on est amateur.


Du coup, le choix se porte sur un paysage urbain, mais les rues de Paris ne fonctionnent pas : et oui, n’oublions pas que l’histoire se déroule à San Francisco et un immeuble Haussmannien ou une belle vue sur la Seine n’iraient pas du tout. Mais, il se trouve qu’à Paris, la Petite Ceinture a récemment été ouverte aux passants et elle n’est pas encore totalement envahie par les touristes.


Il s’agit de l’ancienne ligne de train circulaire, qui a été abandonnée il y a des années. On y a fait des repérages et c’est parfait : urbain, un peu en-dehors du temps, pas trop fréquenté et avec un charme évident. On adopte !

 

 

La préparation :


La petite ceinture n’est qu’à 15 minutes de chez nous. Louise, notre double photographique de Taylor, passe donc à la maison pour se préparer. Vêtements un peu rock, maquillage voyant, et en quelques dizaines de minutes le changement de peau s’opère et Taylor, l’espace de quelques heures, s’incarne.

 

En plein travail (quand je vous dis que mon épouse pourrait être une pro) :

 

 

Le shoot :


Place au shoot ! Les lumières étaient parfaites en fin d’après-midi, laissant deux heures pour prendre plusieurs centaines de photos, avant la fermeture.


Comme il y aura au moins cinq épisodes, il faut autant de séries de clichés, en changeant un minimum les tenues pour que chaque couverture soit légèrement différente. On varie aussi les poses, encore une fois pour que la série soit aisément reconnaissable mais que chaque épisode garde sa marque.

 


Le tri :


Maintenant, ce sont des centaines de photos à trier pour garder celles où la photographe rencontre la mannequin. Et oui, si la photo est prise quand la mannequin regarde ailleurs ou cligne des yeux, c’est raté, mais si la photographe appuie une demi-seconde trop tard et manque le moment où l’angle est parfait, c’est raté aussi. La belle photo naît vraiment de la rencontre.


On trie, on efface et bientôt, ce sont les prises vraiment réussies qui restent. Ouf, il y a de quoi faire cinq ou six couvertures !


Réflexion et Illustration :


Il s’agit maintenant de déterminer ce que je veux en tant qu’éditeur. C’est la charte graphique, les styles de couleurs, les effets sur le public, les détails. Il me faut indiquer à Erica par écrit ce que je veux pour cette couverture, tout en gardant à l’esprit qu’elle devra s’intégrer à un tout et qu’elle représente la maison d’édition.


C’est pour cela que l’environnement se transforme. On entre en plein Haight & Ashbury (quartier dont je parle dans cet article), avec ses couleurs, ses tags, son ambiance particulière. Il faut un environnement urbain, très urbain, et ce sont les néons qui projettent les couleurs sur les murs du quartier, nimbant le personnage de Taylor. Il s’agit aussi de sortir du lot et proposer quelque chose de nouveau, dans un genre (l’Urban Fantasy) où les œuvres sont légion et les illustrations souvent de qualité, sans pour autant sortir totalement des attentes des lectrices. Il faut qu’elles identifient le genre de l’ouvrage au premier coup d’œil.


L’ambiance est ainsi étrange, pas tout à fait mystique, pas tout à fait réaliste, tandis que des indices sur les événements de l’épisode se cachent dans les ombres. Vous les repairerez certainement après la lecture.

 


L’intégration dans la collection et la maquette :


L’illustration d’Erica ne suffit pas pour faire la couverture. Pour cela, j’ai demandé à Tiphs, qui s’est chargée du design du site web, de s’occuper des maquettes : la mise en page intérieure du broché, mais aussi le placement du titre, du nom de l’auteur et du 4ème de couverture sont le résultat de son travail.
Car, si non seulement le style doit être similaire pour tous les livres de la série, il ne faut pas oublier que Hex fait partie d’une collection plus large et qu’il y aura d’autres livres, d’autres auteurs. Il faut que tout soit harmonisé et c’est à elle qu’incombe cette tâche.


Comme vous le voyez, une simple couverture d’épisode de série a demandé beaucoup de temps et de travail, de la part de plusieurs intervenants. Mais le résultat en valait la peine !

 

 


J’espère que cette petite visite backstage vous a plu. N’hésitez pas à poser vos questions et à commenter !
 

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