Anthologie Monstresse(s) : Interview de Gillian Brousse

Gillian, pouvez-vous nous en dire plus sur vous et sur vos oeuvres ?


Je m’appelle Gillian, je suis auteur SFFF, et il s’agit de mon troisième texte édité chez Noir d’Absinthe, après Please stand by dans l’anthologie La folie et l’Absinthe et mon roman de science-fiction dystopique Spleen Cities paru en 2020.


Comment vous est venue l’idée de votre nouvelle « la complainte de Saddie Burnell » ? Quelles ont été vos principales sources d’inspiration ?


À la lecture de l’appel à texte de Monstresse(s), je suis parti sur l’idée d’un personnage que l’on pourrait qualifier de « monstrueux » sur plusieurs plans : ses caractéristiques physiques ou psychiques, et bien sûr, ses agissements. Côté inspiration, je dirais que les gamins pour le moins « turbulents » de l’excellent film d’horreur Eden Lake, s’ils ne m’ont pas directement inspiré Saddie, partagent des points communs avec elle…


Difficile de parler de cette nouvelle sans la spoiler. Néanmoins, les lecteurices pourront noter une musicalité et une poésie toutes particulières au texte. Qu’est-ce qui a motivé votre choix pour adopter ce style, bien particulier à cette nouvelle ?


Je souhaitais marquer une opposition entre le fond et la forme de l’histoire, c’est ainsi que le texte est devenu une complainte, une sorte de chanson populaire en prose et rimes qui raconterait les « malheurs » de Saddie, apportant une musicalité et une candeur en décalage avec le thème.


Nous constatons, dans la nouvelle, un réel décalage entre la perception du monde du personnage principal et celle du reste de la société. Qu’est-ce qui vous a poussé à aborder ce thème ?


Effectivement, le point de vue était important dans mon écriture : celui du lecteur, qui va évoluer au fil du texte, mais aussi celui de Saddie, dont les actes ne reflètent pas des choix, mais plutôt sa « voix intérieure » sans filtre, son instinct, donc quelque chose d’inné. Lorsque la littérature, le cinéma ou les faits divers abordent les « monstres humains », ceux-ci sont souvent présenté à travers le prisme d’un moment clé, d’une douleur ou d’expériences qui les ont transformés en êtres révoltants. Avec cette courte nouvelle, je voulais créer un personnage qui n’a pas forcément cette excuse. Parfois, les pires actes n’ont pas de raison d’être, même s’ils défient notre morale et notre logique…




Merci à vous pour ces réponses !