Anthologie Monstresse(s) : Interview de Maëlig Duval

Présentation


Bonjour, je suis Maëlig Duval. Aussi étrange que cela puisse paraître, j’écris pendant la journée, car la nuit je dors. J’aime particulièrement écrire le matin, quand les oiseaux commencent à chanter. Bon, ok, à ce moment-là, il fait encore presque nuit – selon la saison.

J’ai publié quatre romans chez Gephyre éditions : La légende des plumes mortes (2018), Scrops ! (2019), Du fond de mon urne (2020) et Anna guidant le peuple (2021) (tous disponibles sur le site de la maison d’édition. Un cinquième est en préparation.

J’ai écrit par le passé pas mal de nouvelles et y reviens ces derniers temps, notamment avec Un grand merci à tous dans la gratuite et non moins excellente revue Squeeze et, bien sûr, Oh lala, Lola ! dans l’anthologie Monstresse(s) chez Noir d'Absinthe.





Votre nouvelle « Oh lala, Lola ! » se déroule dans le métro. Pourquoi avoir choisi ce cadre ?


Je trouve le métro assez emblématique des lieux où on est ensemble tout seul. Où on est obligé d’être confronté aux autres alors qu’on ne cherche qu’à aller d’un point A à un point B. Un lieu de frictions potentielles. Un lieu de passage où on se trouve statique, enfermé, coincé. Un lieu finalement assez contradictoire en lui-même.


Certains éléments de la nouvelle sont-ils inspirés de choses que vous avez pu vous-même observer ?


Pire : vivre. Là où Lola est spectatrice [d’une dispute entre deux voyageuses dans le métro], je fus, un jour et à ma grande honte, actrice. On s’était pris le pif avec ma voisine de siège à propos d’une broutille, chacune campée sur ses positions avec une spectaculaire mauvaise foi. Le genre de situation où personne ne peut demander pardon et désamorcer le truc, parce que personne n’a vraiment tort ni raison. Les proportions de la broutille s’envolent en une fraction de seconde sans qu’on comprenne bien pourquoi ni comment. Résultat : tout le monde repart fâché en maudissant l’autre sur quatre générations, et je ne doute pas qu’elle ait dit autant d’horreurs sur moi que j’en ai dit sur elle une fois arrivée à l’apéro (je le répète : maintenant, j’ai honte. Mais à l’époque, j’étais persuadée d’avoir raison à 100%. Enfin peut-être pas 100%, justement, sinon, je n’aurais sans doute pas été si véhémente à l’apéro – vous savez, quand on s’emballe car c’est autant les autres que soi-même qu’on cherche à convaincre ?).


Lola est une personne tranquille, qui ne cherche pas d’ennuis et essaie de se fondre au mieux dans la masse des (autres) gens qu’elle ne comprend pas vraiment. Pourtant, elle abrite en elle quelque chose de bien plus redoutable… Qu’est-ce qui vous a inspiré la construction de ce personnage, dans ses différentes composantes ?


J’ai bien aimé travailler sur son côté « j’essaie de bien faire mais ça foire parce que je me trompe sur la signification de ce « bien », à la fois pour moi et pour les « autres