Anthologie Monstresse(s) : Interview de Max Madone

Présentation de l’auteur de la nouvelle "Adeline Mollette":


Max Madone est plus qu’un pseudonyme : c’est à la fois une parure, un bouclier et une arme. Je l’ai fabriqué à partir de la matière dont sont faits les rêves et les cauchemars. Je pense en images, parle en métaphores et m’habille en peau de nuit. Quand je ne suis pas occupé à travailler sur mes écrits, j’explore l’imaginaire collectif pour le cartographier. Vous pourrez me croiser soit dans les rues de Montpellier quand je me promène la truffe en l’air, soit au comptoir de mon ami Bob, un café à la main. Je travaille actuellement sur un recueil de nouvelles qui, je l’espère, sera terminé avant le printemps.





Adeline Mollette est le nom du personnage principal de votre nouvelle… Pourquoi lui avoir choisi ce nom ?


À vrai dire, il m’est un peu venu comme ça. Je cherchais à créer un contraste entre le prénom et le nom du personnage. Adeline me paraissait parfait de par sa douceur et sa musicalité. Et puis, dans la foulée, Mollette s’est imposé à moi. Ce nom permettait de lui apporter quelque chose de mécanique pour souligner le système d’engrenages décrit dans la narration.


Votre nouvelle est porteuse d’un message fort, engagé, concernant les dégâts causés par une conception des rôles de genre où l’homme aurait tous les droits. Le personnage d’Adeline a notamment subi un véritable harcèlement, à différents niveaux. Pour quelles raisons aviez-vous à cœur de traiter de ce sujet ?


Nous sommes dans l’ère de la libération de la parole féministe pour une vraie égalité des genres. Beaucoup de personnes dans mon entourage sont très investi.e.s dans cette cause, moi y compris à mon niveau. Ce sujet me touche parce que je pense sincèrement que le culte du masculinisme toxique, ou le patriarcat en général, n’épargne personne. En tant qu’homme trans, je l’ai expérimenté des deux côtés du miroir et ce n’est pas beau à voir. En réfléchissant au thème du concours, je ne sais pour quelle raison, j’ai repensé au film Chute Libre avec Michael Douglas. Quelle meilleure façon de faire d’une pierre deux coups ? Je pouvais à la fois traiter de l’ire féminine et de cette gangrène sociétale si difficile à vivre et à déconstruire. J’ai donc écrit une démonstration qui relevait un peu du conte mais marquée par les stigmates de son époque. Une histoire percutante et sans concession où, pour une fois, la victime finit par rendre justice elle-même. Et je vous avouerais que, pulsionnellement, ça m’a fait beaucoup de bien.


De nos jours, nous remarquons que les abus causés par une conception patriarcale du genre sont de plus en plus dénoncés, notamment dans les médias. D’après vous, quels facteurs ont permis cette libération de la parole ?


Pour créer une explosion, il faut de la poudre et une étincelle. Si la poudre était là, à s’entasser et à s’infiltrer partout depuis des décennies, la première étincelle (à mon sens) fut le mouvement #Metoo. Ensuite, les réseaux sociaux ont permis de faciliter la communication, l’organisation et le relais de l’information. Je me demande aussi dans quelle mesure le Covid et les confinements n’ont pas joué un rôle d’accélérateur en ajoutant une bonne dose de ras-le-bol dans l’équation. Ainsi que quelques événements médiatiques tels que la sortie d’Adèle Haenel aux Césars ou les tribulations de l’ancien Président des USA.


Imaginons une société dans laquelle Adeline Mollette n’