Anthologie Monstresse(s) : Interview de Morgane Stankiewiez

Présentation de l’autrice :


Je suis autrice, éditrice et artiste, incapable de me poser dans un genre ou un registre littéraire. J'écris de tout, même si mon cœur reste acquis aux ténèbres, et particulièrement à l'Horreur et au Fantastique.


J'ai ainsi publié un certain nombre de romans, tels que Isulka la Mageresse, une duologie de Victorian Fantasy, Sextape & Dix Minutes, deux romances LGBT, Meredith, du fantastique à la frontière du gothique ou encore l'Espion de la Reine, un roman d'historique-érotique. J'ai également écrit un guide d'écriture à destination des jeunes auteurs.


Je publie aussi prochainement Zhaodi, un thriller asiatique écrit avec Sarah Buschmann, la plus trash de nos autrices Noir d'Absinthe.


Tout mon activité est trouvable sur mon site www.Mort-Gane.fr



© Bronwyn Eibon


Dans « Incouchement », le personnage de Cécile, après une opération souhaitée par son époux qu’elle a faite à reculons, se sent dépossédée de son propre corps, étrangère à elle-même. Pour quelle raison était-il important pour vous d’aborder ce thème ?


Pour moi, la Monstresse est indissociable du corps de la femme, corps qui a été confisqué pendant tant de siècles et qui l'est encore, à bien des égards. La matrice féminine appartient à l'homme, on l'a maintes fois vu dans l'Histoire ou dans les mythes. Nous sommes dans une société patrilinéaire où les enfants prennent culturellement le nom du Père, effaçant si souvent celui de la Mère, ce qui est encore le cas en 2022, même si la loi ne le définit plus comme par le passé.


Le corps féminin est perçu comme un objet, exposé, possédé, et ça aussi, c'est culturel. Soit le corps est caché (sur les réseaux sociaux, on pourra voir des hommes torse nus, mais pas des femmes, qui seront censurées) ou ultra sexualisé, avec une banalisation et une érotisation constante du corps.


Dès lors, combien de femmes se sentent un jour, si ce n'est toute leur vie, dépossédées de leurs corps, celui-ci ne leur appartenant plus ?


Cécile est loin d'être unique, elle est une "nous-toutes" qui craque et cède. Une "nous-toutes" qui devient Monstresse.


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