Anthologie Monstresse(s) : Interview de Sarah Kügel

Présentation :


Sarah Kügel, affamée de littérature et de poésie.




Mes personnages, souvent féminins, se font une place dans la texture de la page, de gré ou de force. Je dérive d’un continent littéraire à l’autre, brouillant les frontières entre réalisme et onirisme, prose et poésie. Obsédée par le style, je recherche dans la langue l’instant délicat de la mue.



Vous pouvez trouver mes parutions sur mon blog : https://sarahkugel.com/blog/

Et mon quotidien livresque sur Instagram : https://www.instagram.com/sarahkugelpoesie/



Votre nouvelle « Mosquita Muerta » se déroule en Amérique du Nord, dans le désert de Sonora. Pourquoi avoir choisi ce cadre en particulier ?


J’ai une fascination pour les déserts et, de façon générale, pour les paysages.


Chaque territoire évolue dans le temps. Chaque territoire a son histoire, son aura unique, sa façon de réagir à notre présence. Ils pourraient avoir une âme — subtile et indiscernable pour nous humain·e·s — que je ne serais pas surprise.


En amont, durant la phase de réflexion, et même lors de l’écriture, j’ai besoin de m’immerger dans le paysage. C’est comme une musique, ça me berce, m’affole ou me met en transe. Le territoire se diffuse dans le récit, le féconde, lui donne une couleur, avec ou contre ma volonté.


Pour Mosquita Muerta, j’avais des envies de Far West : une terre aride, hostile, éloignée de la civilisation, où le surnaturel pourrait survenir aisément. Les tempêtes de sable, le soleil impitoyable, les températures démentielles, une faune et une flore fantasmagoriques, les constructions humaines malmenées par une nature indomptable, tous ces éléments nous plongent dans un climat irrationnel. C’est cette ambiance mystique que j’aime manipuler dans mes écrits.