LES NOVÉLISATIONS

« Le cinéma cannibalisant la littérature, la littérature se rajeunissant au contact du cinéma, pour reprendre les lieux communs les plus indéracinables en la matière. »


Jan Baetens


Ce thème pourrait être des plus simples. La possibilité de l’expliquer en quelques lignes est d’une aisance sans nom. Néanmoins, oblitérer une vérité plus profonde n’est pas la bonne démarche. En effet, au cours de nombreuses recherches, il m’est apparu une évidence. Étonnante, j’en fus longtemps perplexe, m’interrogeant par quel biais aborder ce sujet. Aux allures douces et simples, il cache cependant de nombreuses polémiques créées simplement afin de le faire tomber.



Tel un art incompris, les opposants sont nombreux et il est presque honteux ou difficile d’avouer qu’il s’agit d’une œuvre. Pourtant, nous nous trouvons dans un monde où il est bon d’être curieux. Découvrir, n’est-ce pas le plus beau des dons ? La littérature est pleine de possibilités et, au cours des âges, des pages… maintes personnes se firent juger par leur écriture et leur manière de penser.

Là, ce ne sont pas que des personnes qui entrent dans un drôle de tabou, mais ce genre lui-même.

D’ailleurs, vais-je vous parler d’un genre ?

Il semblerait que même ce terme est voué à débat concernant l’innocente Novélisation. De l’anglais Novel, il s’agit d’une réécriture sous forme de roman d’un film ou d’une série télévisée.

Vous vous en doutez, ces livres visent un public très précis : les adeptes desdits films ou des desdites séries. Cependant, un grand nombre d’experts étirent le sujet à un nombre incalculables d’interrogations philosophiques et sociales. Il semblerait que ces adaptations littéraires n’aient pas le droit à une identité propre. Tabous pour certains, chimère pour d’autres, la Novélisation tient bon malgré tout. Réelle force de la nature, elle se protège grâce à ceux qui apprécient la lire et comprennent son existence.

Tristement, détenir un grand nombre de fidèles ne fait pas tout. La subjectivité oblige, il faut choisir un camp. Être pour ou contre. Se faire neutre n’est pas toujours la meilleure des solutions lorsque le navire combat la tempête.

Aussi, je vous demanderai de rester calme et d’hisser les voiles.

Ensembles, traversons ce triangle des Bermudes littéraire. Sous tirons le vrai du faux et analysons les bienfaits de la Novélisation. Tel des résistants, joignons-nous à ce qui nous semble juste mais restons prudents.

Appuyons-nous sur les recherches de Jan Baetens, auteur de la citation quelques lignes plus haut.

Ce poète et critique Belge se fait omniprésent lorsqu’il s’agit de Novélisation. Impossible d’ignorer son ouvrage La Novélisation : du film au roman. Si l’on ose plonger dans des recherches poussées, presque toutes les pages qui s’ouvrent parlent de ce livre. Impossible d’en faire fi. Il semble presque être reconnu tel une bible de vérités concernant ces livres incompris.

Selon Monsieur Baetens, la Novélisation n’est pas une adaptation à l’envers mais un nouveau regard sur la dynamique de production culturelle.

En effet, la Novélisation existe pour faire revivre l’œuvre cinématographique d’une autre manière. La littérature – bien plus ancienne que le cinéma – est, depuis des siècles, un moyen de faire vibrer et voyager avant même qu’un grand écran projetant des illusions ne le fasse. De surcroît, sachez que la Novélisation est née avec le cinéma.

Avant nommée Roman-Feuilleton, c’est en 1915 que nous la retrouvons avec les Mystères de New York de Pierre Decourcelle ; adaptation à l’écrit de trois serials ou films à épisodes Américains consécutifs. Aux Etats-Unis, les épisodes de la série étaient racontés en feuilleton par Arthur B. Reeve dans le journal quotidien Chicago Herald et montrés au cinéma chaque Samedi.


Lorsqu’en France l’on se basait sur le scénario et les intertitres des films muets, aux Etats-Unis, ce n’était que le scénario qui soutenait l’écriture des Novélisations.

D’ailleurs, des films muets historiques furent adaptés à l’écrit, tel que Les Vampires de Louis Feuillade, par Georges Meirs. Sept ouvrages parurent aux éditions Talandier et l’on peut toujours en retrouver quelques-uns en vente sur internet, pour les plus curieux.

A cette époque, force est de constater que les romans-feuilletons n’élevaient pas autant de surprises et d’interrogations. Bien au contraire, cela permettait simplement de faire vivre les personn