Une histoire du genre : entre définition et enfermement



Ah la Littérature ! Qu’est-ce donc pour vous ? Combien êtes-vous à avoir pensé que c’était une ensemble regroupant des écrits comme les romans, la poésie, le théâtre ? Ou bien de la romance, de la science-fiction, de l’historique ou du fantastique ? Car dans notre esprit, la Littérature est une grande bibliothèque où sont rangées les œuvres et où nous les catégorisons selon leur genre. Vous voyez où je veux en venir ? Si je vous parle des genres littéraires, vous saisissez ce dont je veux parler. Depuis notre jeune âge nous en avons conscience, nous apprenons et savons que les écrits n’ont pas tous la même forme, la même visée, la même lecture, le même univers. Un roman n’est pas une pièce de théâtre, la poésie n’est pas un roman, la science-fiction n’est pas de la romance. Et si… ?


En cours, en librairie, en bibliothèque, en tout lieu de livres nous pouvons constater la segmentation des œuvres. Mais est-ce un mal, puisque indubitablement, les écrits possèdent des points communs et des différences avec d’autres qui permettent de les regrouper selon la manière dont ils sont écrits, leur forme, leur sens ou la visée sous-jacente.


Les genres servent à définir les textes et ça nous le savons. Mais connaissons-nous le sens profond de « définir » ? Penchons-nous là-dessus.


Ouvrez le Larousse à la page « définir » et vous lirez ceci :


« Énoncer la nature, les qualités, les propriétés essentielles de l'être ou de la chose que le mot désigne ; donner sa définition. Caractériser quelqu'un, quelque chose, pouvoir les expliquer, pouvoir communiquer à autrui ce qu'on sait d'eux : Voilà une personne que je ne saurais définir. Caractériser quelqu'un, quelque chose, marquer sa nature, son contenu, ses limites : Critères qui définissent un public. »

Dès lors, donner un genre à un texte c’est nous aider à le comprendre. Nommer une chose revient à la saisir, à lui donner une existence, un corps, à lui faire intégrer un ensemble plus vaste. Dans le cas d’un texte, lui faire intégrer ce grand groupe de la Littérature. C’est en un sens l’élever au rang de l’existant, lui faire gagner ses titres de noblesse. Par analogie ce texte sera catégorisé dans tel ou tel genre, voire, participera à la création d’un genre nouveau ou d’un sous-genre. En ce sens, nous retrouvons Le Seigneur des Anneaux de Tolkien qui crée un genre nouveau, puissant et dont il devient la figure de proue : la fantasy. Ou plus classiquement, c’est le cas de Lorenzaccio de Musset, qui, par son unicité et son impossible représentation fait naître le théâtre dans un fauteuil (dont le nom est tiré du recueil Un spectacle dans un fauteuil dans lequel la pièce paraît initialement en 1834).


Vous me suivez toujours ?


Une chose que l’on oublie, ignore, ou ne réalise pas nécessairement est que la « définition », sépare d’un tout. En effet, « définir » vient du latin definire qui signifie : déterminer, fixer un terme, tracer un cercle autour. En définissant, nous arrêtons un sens sur un mot, une chose, une action, une personne. C’est lui donner une limite. Si cela se comprend aisément à propos d’une personne, cela devient plus flou lorsque l’on en vient à un texte. Peut-être ressentons-nous un besoin de ranger, ordonner, classer pour comprendre.


Mais en défini